Mis à jour le 8 décembre 2009
Ce séminaire est organisé par Christophe Cave de l'équipe Littérature, idéologies, représentations (18e s.- 19e s.) (LIRE). Il se déroule sur deux semestres, les mardis de 17h30 à 19h30 en salle G 303. Le séminaire s'adresse à tous les étudiants intéressés par les débats sur la constitution des espaces critiques, par la critique littéraire, spécialistes de littérature, des arts du spectacle ou d'histoire des idées.
Quelques pistes : Comment les périodiques organisent-ils leurs différents discours critiques ? Quel « imaginaire culturel » est à l'œuvre derrière les différents champs couverts, les différentes rubriques esthétiques : quelle critique « littéraire », quelle critique théâtrale, mais aussi quelle critique musicale, quelle critique picturale (salons), etc ? Quels modes critiques sont utilisés (« compte rendus » , formes du jugement et d'évaluation critique), selon quels principes de récurrences (suivi d'une pièce, séances d'académie, etc)? Comment cet imaginaire est-il médiatisé : à travers quelles figures du goût (l'amateur, le spécialiste, le critique) ou quelles figures sociales (les actrices, les modes, etc) se donne-t-il à voir ? Plus essentiellement : s'enracine-t-il dans un système de valeurs cohérent, peut-on repérer une esthétique ou une position commune, un même point de vue ? Par ailleurs, en quoi la nature « journalistique » des textes peut-elle nous permettre de définir mieux cet imaginaire? Les logiques de sélection et de cohérence de l'information, la nature de celle-ci, le découpage des champs du savoir ou de la culture, devraient permettre d'évaluer quelle « République des Lettres » est ici constituée et reconfigurée. Claude Labrosse analysait le journal littéraire d'ancien régime comme la capacité modératrice, régulatrice, normative, mais aussi la vocation archivistique et à la fois innovatrice de l' « instrument périodique », inventé en quelque sorte pour organiser le champ culturel, pour sans cesse « refabriquer la carte des significations sociales à partir de lieux ». On peut ici tenter de dresser les cartes spécifiques de ces « lieux », spatiaux, réels et symboliques, comme discursifs ; on peut aussi envisager les rythmes, les régularités, les feuilletons, les affaires, les querelles littéraires, les « campagnes », et le temps qu'ils imposent.
Le calendrier 2009/2010
Présentation générale : problématiques générales. Définition de l' « instrument périodique ». Panorama de la presse, ses enjeux et sa nature critique.
Présentation des corpus, en particulier : Les Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres (1762-1789).
Denis Reynaud (Université Lyon II), « Le journaliste paradoxal : la critique journalistique de Linguet »
Les écrivains majeurs et la presse, l'exemple de Voltaire : critique, éloge et pratique de la presse/ la presse contre l'écrivain à succès
Marianne Dubacq (AR, UMR LIRE), Critique de l'écrivain mineur : réception de Tiphaigne de la Roche dans la presse des Lumières.
Suzanne Dumouchel (doctorante, ATER), L'Année littéraire de Fréron et Le mercure de France : journalisme et critique théâtrale (1)
Anne-Marie Mercier (Université Lyon I, UMR LIRE), Journalisme et critique théâtrale (2) : étude comparée
Françis Genton (Université Grenoble3), « Le goût des autres dans la critique littéraire des Lumières (1750-1789), l'exemple du Journal étranger »
Jean-François Perrin (Université Grenoble3), « Une esthétique de la rencontre : à propos des journaux de Marivaux »
Yves Citton, (Université Grenoble3), Comment faire parler un public ? La pratique des Mémoires secrets
Jean Sgard (prof. émérite, Université Grenoble3), La critique musicale dans les Mémoires secrets
Dina Sayounhi (doctorante, Université Grenoble3), Le criticisme des Mémoires secrets